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Prévenir le découvert bancaire grâce au numérique

Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec La Banque Postale, et fait partie d’une série d’articles destinés à accélérer l’inclusion financière par le numérique. Retrouvez les autres articles ici !

Plus de la moitié des Français déclarent avoir été à découvert au moins une fois en 2020, et plus d’un sur cinq concède l’avoir été tous les mois. L’étude Panorabanques de laquelle sont extraits ces chiffres estime qu’en France, le coût annuel d’un découvert s’élève en moyenne à soixante-six euros pour les clients des banques traditionnelles, et à quatre euros pour ceux des banques en ligne.

Pour les publics exposés régulièrement au découvert bancaire, le numérique peut représenter une aide considérable. Il regorge en effet d’outils et de solutions pouvant amener vos publics vers plus d’autonomie.

Découvert

Le découvert bancaire : une réalité partagée, un danger différencié

Le découvert se manifeste par un solde négatif sur le compte courant : les dépenses sont alors supérieures aux ressources disponibles. Autrement dit, « être dans le rouge » équivaut à avoir souscrit un prêt auprès de sa banque, en contrepartie duquel seront prélevés des agios. Les agios bancaires représentent les frais liés au découvert bancaire. Ils dépendent à la fois  de l’ampleur du découvert, de sa durée et du taux d’intérêt appliqué par la banque.

Pour éviter de faire peser de lourds frais bancaires sur les personnes en fragilité financière, des mesures spécifiques ont été mises en place par la Banque de France. En septembre 2020 a ainsi été renforcé le dispositif de plafonnement des frais d’incidents bancaires, les limitant à 25 euros par mois pour les personnes en situation de fragilité financière, et à 20 euros pour celles ayant souscrit à l’offre qui leur est destinée. Comme le souligne Laurence Prenat, directrice générale de Panorabanques, au Parisien, « la facture des clients les plus fragiles cumulant irrégularités sur irrégularités peut rapidement atteindre plusieurs centaines d’euros par an ».

« Tous [les Français] sont concernés par le découvert bancaire, même si on note que les jeunes de 18 à 34 ans et les personnes avec un revenu inférieur à 1500 euros par mois restent les plus touchés. »

Laurence Prenat, directrice générale de Panorabanques, au Parisien Aujourd’hui en France, le 26 novembre 2020.

Selon l’étude Panorabanques, 38% des personnes à découvert l’expliquent d’abord par une situation financière difficile, une proportion qui s’élève à 61% parmi celles qui se déclarent à découvert chaque mois. Des dépenses imprévues et une gestion budgétaire relâchée seraient responsables, quant à elles, d’environ un tiers et un quart des situations de découvert.

C’est ainsi que l’étude estime que « 43% de ceux qui gagnent plus de 3 000 € par mois sont à découvert au moins 1 fois par an ». Et c’est pourquoi, en matière bancaire, l’accompagnement numérique bénéficie particulièrement aux publics les plus précaires, mais peut s’avérer utile à tous et toutes.

Gérer son budget : une question de réflexes autant que d’outils

Gérer un budget demande de la volonté, de la rigueur et une certaine affinité pour le calcul – trois domaines que la maîtrise du numérique peut suppléer ou compléter.

Gestion du budget au quotidien

Plusieurs outils ont été développés pour gérer quotidiennement son budget, au premier rang desquels figurent PiloteBudget et Pilote Dépenses. Ces deux applications gratuites et exemptes de publicités ont été développées conjointement par des structures de l’inclusion bancaire (la Banque de France, la Banque Postale, Emmaüs France, la Fédération Bancaire Française, etc.) réunies sous l’égide de l’Agence nouvelle des solidarités actives. PiloteBudget a été lancée en 2018, et permet de calculer le « reste à vivre » mensuel, c’est-à-dire les ressources disponibles une fois que les charges fixes ont été déduites des revenus.

Sa cadette, Pilote Dépenses, la complémente depuis le 26 janvier 2021. Une fois renseigné le reste à vivre calculé par PiloteBudget, Pilote Dépense permet de noter et suivre l’ensemble de ses frais. Dans un communiqué de presse dédié, la Banque de France précise qu’il « suffit d’ouvrir l’application pour y noter chaque dépense à l’aide de la saisie vocale ou du clavier de son téléphone ». Anonyme et déconnectée des comptes bancaires, Pilote Dépenses souhaite combiner simplicité d’utilisation et respect des données personnelles, tout en renvoyant « vers des structures d’accompagnement publiques ». 

Du côté des banques : consulter ses comptes et paramétrer des alertes

Selon la deuxième édition du rapport Les Français, leur banque, leurs attentes, publiée en février 2021 par la Fédération Bancaire Française, la crise sanitaire a accéléré l’usage des dispositifs numériques déployés par les banques. Deux tiers des Français ont téléchargé au moins une application bancaire, et autant déclarent consulter le site internet de leur(s) banque(s) au moins une fois par semaine. 

Pour les personnes éloignées du numérique, les vagues de confinement ont toutefois été synonymes d’absence de contact avec leur banque. Savoir s’identifier, consulter ses comptes ou réaliser un virement sont devenus des compétences essentielles pour la gestion budgétaire, renforçant plus encore le besoin d’accompagnement en la matière. 

Une fonctionnalité moins connue – ou moins explorée – consiste à paramétrer des alertes lorsque le solde d’un compte franchit un seuil donné ou lorsqu’un virement conséquent a lieu. Ces systèmes ne sont toutefois pas toujours gratuits, la tarification dépendant de la banque dont il est question. 

Les banques en ligne, en essor depuis plusieurs années, n’appliquent généralement pas de frais pour ces alertes, mais y souscrire suppose un certain niveau d’autonomie numérique. Pour la plupart des banques traditionnelles, la mise en place d’alertes suppose généralement un coût fixe d’entre une et plusieurs dizaines d’euros à l’année, auxquels peuvent s’ajouter d’éventuels frais si des alertes supplémentaires sont envoyées.

Education budgétaire

La gestion d’un budget suppose d’acquérir certains réflexes et  savoirs. Parmi les ressources que vous pouvez présenter ou partager à vos publics figurent notamment les exercices développés par Dilemme, le programme d’éducation budgétaire de la Fondation CRÉSUS.

S’il consiste originellement en des jeux de plateau pour sensibiliser à la gestion budgétaire, il se déploie aussi numériquement. Deux séries de questionnaires sont par exemple disponibles pour se former aux bases de la gestion budgétaire, à titre personnel ou autour d’un projet entrepreneurial. 

Le programme propose également des clés USB dédiées, contenant des guides de formation, des lettres-types, un calculateur de budget ou encore une liste de contacts utiles. L’application Dilemme Junior, elle, vous permettra de sensibiliser les publics jeunes à la thématique. En la matière, les modules ludiques de Budget Responsible, dédiés à l’enseignement de la gestion budgétaire et de ses bienfaits, peuvent également s’avérer précieux.

Autres solutions numériques pour la gestion budgétaire

En matière bancaire, le numérique offre de nombreuses autres opportunités. Des applications comme Bankin’ – connectée à votre compte pour suivre la gestion de votre budget –, Tricount – permettant de suivre et répartir les dépenses d’un groupe – ou des solutions de paiement par mobile comme Lydia ou Pumpkin, peuvent répondre aux besoins de vos publics, et les amener vers plus d’autonomie.

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