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L’AIPREFON met en place des ateliers numérique sur la e-réputation

Cet article s’inscrit dans le cadre du programme « Employeurs Solidaires » mené par WeTechCare, qui vise à intégrer le numérique dans l’accompagnement socio-professionnel que proposent les employeurs solidaires (SIAE, GEIQ, EA, ESAT etc…) pour en faire un véritable levier d’insertion. Pour avoir accès aux différents contenus et outils créés pour l’occasion, vous pouvez vous inscrire à la communauté « Employeurs Solidaires » ici.

A Vernou-la-Celle-sur-Seine, en Seine-et-Marne (77), Odile Bonnaventure, conseillère en insertion professionnelle pour AIPREFON, anime son troisième atelier sur la e-réputation. Il s’agit pour elle de sensibiliser et de former les salariés en insertion, généralement peu familiers avec l’environnement numérique, aux enjeux liés à la maîtrise de leur image en ligne. 

Les ateliers de sensibilisation et de formation aux compétences numériques sont une nouveauté dans cette entreprise d’insertion spécialisée dans la gestion des déchets, accompagnant plus de 20 salariés en insertion chaque année. Ce jour-là, cinq salariés participent à l’atelier, Kévin (26 ans), Sylvain (45 ans), Ronan (23 ans), Damien (56 ans) et Isabelle (44 ans). 

Dans le cadre d’un parcours en insertion, Odile estime nécessaire que le salarié connaisse les outils à sa disposition pour protéger sa vie privée sur les réseaux sociaux. De nombreux employeurs utilisent aujourd’hui ces plateformes pour faire un premier tri dans leurs processus de recrutement, et les compétences acquises lors de ces ateliers pourraient permettre aux demandeurs d’emploi d’éviter de passer à côté d’opportunités professionnelles. 

E-réputation : AIPRéfonds met en place des ateliers de médiation numérique

E-réputation et insertion professionnelle : l’enjeu de la protection des données

Les participants sont d’abord appelés à partager une expérience déplaisante qu’ils ont vécue sur les réseaux sociaux, comme une image, une vidéo ou tout autre contenu qui aurait été diffusé sans qu’ils en aient envie. Kévin, par exemple, raconte comment une photo compromettante de lui, publiée sur Facebook et accessible à tous, lui a fermé les portes d’un poste de vendeur auquel il avait candidaté. Chacun apporte son témoignage et l’échange s’installe : certains sont plus méfiants que d’autres par rapport à ces plateformes où la vie privée des utilisateurs est parfois mal protégée. 

Tout le monde est ensuite invité à faire une recherche de son nom et de son prénom sur les moteurs de recherche. A la surprise générale, les participants découvrent que des photos et des vidéos d’eux-mêmes tombent dans les premiers résultats de recherche. Ronan s’interroge : comment faire pour que ces données soient supprimées ou au moins restent privées ? Avec Odile, il explore les paramètres de confidentialité du réseau social. 

Ce temps de sensibilisation et de partage laisse alors place à une activité ludique dans laquelle les participants vont se mettre dans la peau d’un employeur. Ils impriment le profil Facebook de Kévin et partagent leurs impressions : quelle image renvoie-t-il de lui sur internet ? Cela pourrait-il limiter son employabilité ? Et que pourrait-il faire pour protéger son profil ou le rendre plus attractif ? 

Les échanges sont bienveillants et les plus réservés se prennent également au jeu. Après cet exercice de 45 minutes, Odile fait un bilan des discussions qui ont eu lieu au cours de l’atelier et un résumé des points importants à retenir. A là fin de l’atelier, les salariés se disent tous et toutes satisfaits, même si certains regrettent ne pas avoir été plus loin dans les échanges. 

C’est le cas de Ronan, qui aurait aimé que l’atelier aborde les sujets liés à la protection des données dans la vie personnelle et pas uniquement dans la vie professionnelle.  L’atelier a beaucoup intéressé Sylvain qui, bien qu’il n’utilise que très peu les réseaux sociaux, n’avait pas conscience des enjeux liés à la maîtrise de son image sur internet. « Je ne suis pas de la génération qui est née avec ces outils et je peux facilement me sentir dépassé. Et même chez les jeunes qui sont plus à l’aise, on voit bien qu’une mauvaise utilisation peut avoir des conséquences dramatiques. ». 

Kévin renchérit en partageant l’expérience de son ami, qui a mis fin à ses jours après avoir été harcelé sur les réseaux sociaux. Les ateliers sur l’e-réputation devraient selon lui être abordés dès le collège ou le lycée pour éviter des situations comme celles-ci.

Prioriser l’accompagnement des salariés vers le numérique

Les ateliers se déroulent dans une salle de réunion équipée. « C’est indispensable, estime Odile, si l’on veut garantir la qualité des échanges ». Cela permet également à la structure de limiter le temps d’absence des salariés, qui devraient autrement bloquer des journées complètes pour rejoindre un organisme de formation externe. 

« Evidemment, comme nous sommes une petite structure, ça nous oblige à porter plusieurs casquettes. Je conseille les salariés, mais je dispense également des ateliers et je m’occupe des recrutements. Cela me permet de découvrir les salariés autrement et je me sens très utile ». 

Pour son atelier e-réputation, Odile a utilisé les trames pédagogiques proposées sur Les Bons Clics. « Ce n’est pas mon métier de créer des supports de formation et je dois dire que la plateforme Les Bons Clics m’a beaucoup facilité la tâche. Je trouve des contenus très riches et adaptés à mon public. » 

Pour Odile, approfondir l’accompagnement des salariés sur le numérique est une des priorités de l’entreprise. Plusieurs actions ont été mises en place dans ce sens, notamment à travers l’achat d’ordinateurs portables reconditionnés pour équiper les bureaux et pour les salariés les plus en difficulté.

Beaucoup sont équipés d’un smartphone, mais la plupart ne possèdent pas d’ordinateur. C’est un équipement qui reste pourtant indispensable pour certaines démarches, comme la création et la mise en page d’un CV ou la rédaction d’une lettre de motivation. Autant de compétences sur lesquelles Odile aimerait former les salariés de la structure pour favoriser leur insertion professionnelle.

Odile propose également à certains salariés de poursuivre leur apprentissage en autonomie grâce à l’espace apprenant des Bons Clics. Impossible néanmoins de couvrir tous les sujets : « il faut partir du besoin terrain mais également se poser la question de ce que les participants ont envie d’apprendre. L’idée c’est de semer une graine. Peut-être qu’à terme, les salariés iront eux-mêmes se renseigner et se former pour devenir autonome sur un nombre croissant d’usages numériques. » 

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