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PiloteBudget et Pilote Dépenses : 2 applications gratuites et anonymes pour gérer son budget

Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec La Banque Postale, et fait partie d’une série d’articles destinés à accélérer l’inclusion financière par le numérique. Retrouvez les autres articles ici !

« C’est dur de gérer un budget. On a peur de ne pas tenir ». Pour Assiya, comme beaucoup d’autres, l’équilibre d’un budget peut s’avérer fragile. C’est pourquoi elle s’est rendue, ce 6 octobre, à l’atelier de SOS Familles Emmaüs Nanterre dédié à la découverte de deux applications de gestion budgétaire, PiloteBudget et Pilote Dépenses.

La première, née en 2018, permet de calculer son reste à vivre, à savoir le budget qu’il reste une fois déduites les charges incompressibles (loyer, énergie…). La seconde, lancée en janvier dernier, permet de suivre l’évolution au quotidien de ce reste à vivre.

Une question de dignité pour le président de SOS Familles Emmaüs Nanterre, Simon Weiner, à l’initiative des deux applications. « Permettre de gérer un budget, c’est permettre de vivre décemment », souligne-t-il. 

Apprentissage des applications PiloteBudget et Pilote Dépenses
Guy Simonin, secrétaire de SOS Familles Emmaüs Nanterre, explique l’application Pilote Dépenses à Lekbira, primo-arrivante.

Un tandem d’applications gratuites, anonymes et sans publicité

Cela fait dix ans que l’antenne nanterrienne de SOS Familles Emmaüs lutte contre le malendettement des ménages les plus précaires. « Nous rachetons chaque année 100 000 euros de dettes, explique son secrétaire général, Guy Simonin. C’est remboursé dans 92% des cas. Les relations avec nous sont plus simples qu’avec une banque, et il y a un sens du service rendu car les remboursements servent pour aider d’autres familles ».

« Pour les applications, nous n’aurions jamais pu le faire seuls », concède-t-il. Le projet a rapidement séduit les acteurs de l’accompagnement social et de l’écosystème bancaire, et les applications comptent par exemple sur le soutien de l’Agence Nouvelle des Solidarités Actives (ANSA), de la Banque de France et de plusieurs banques commerciales, dont La Banque Postale ou le Crédit Municipal de Paris.  

Pour PiloteBudget, « un travail lourd a été fait avec les partenaires pour lister l’ensemble des charges incompressibles à déduire des entrées d’argent », précise Simon Weiner. Il est par exemple possible, pour l’utilisateur, de prendre en compte ses dépendances (tabagisme, alcoolisme…) ou d’ajouter la ligne de frais de son choix. 

   « On a l’habitude de prendre les décisions en fonction de ce qu’on gagne, mais l’important à prendre en compte c’est ce qui reste ».

Simon Weiner, président de SOS Familles Emmaüs Nanterre

Le président de l’association poursuit : « la différence avec les autres applications de gestion budgétaire, c’est qu’elles sont gratuites, anonymes et qu’il n’y a pas besoin de s’inscrire pour les utiliser. Elles ne font la promotion d’aucun service, et personne ne va utiliser les données associées pour s’enrichir ». 

Pilote Dépenses, qui permet de suivre l’évolution de son reste à vivre, est de son côté disponible en anglais, en arabe et en français. Chaque dépense peut être ajoutée par écrit ou grâce à la commande vocale, et selon les catégories de son choix. « Chacun doit se l’approprier, c’est très personnel, note Guy Simonin. C’est votre cuisine ».

« Une habitude à prendre »

Ce 6 octobre, ils étaient une dizaine à participer à l’atelier de SOS Familles Emmaüs Nanterre, organisé dans les locaux de l’association Cerise, qui lutte contre le décrochage scolaire.

Pour Baréma, en service civique à Cerise, la prise en main de PiloteBudget et Pilote Dépenses aura été simple. Lui y voit d’abord un gain économique potentiel: « Si ça me permet d’économiser de l’argent, bien sûr que je vais m’en servir »

Leur smartphone à la main, les autres participantes semblent concorder, avant d’insister sur les pressions externes qui compliquent la gestion d’un budget. « La société nous pousse à consommer, déclare l’une d’entre elles. Il y a un travail à faire là-dessus aussi : le cumul, les bons d’achats, ça pousse à la consommation au lieu de nous faire économiser. »

Pour Simon Weiner, cela rend d’autant plus important le suivi de ses dépenses. « L’avantage de Pilote Dépenses sur les espèces, explique-t-il en début d’atelier, c’est qu’on a l’historique de nos paiements. 100€ en liquide, on oublie ce qu’on en fait. Avec Pilote Dépenses, on a l’historique et on peut voir où couper ». Un appui bienvenu pour Amina : « Grâce à ces applications je pourrais savoir d’où vient mon argent et où est-ce qu’il part ».

Reste donc une « habitude à prendre » pour Assiya, qui voit dans Pilote Dépenses un moyen de mieux gérer ses dépenses alimentaires. Lekbira, arrivée il y a moins de cinq ans sur le territoire français, en convient : ces deux applications pourraient l’aider à mieux gérer ses petites dépenses.

« C’est surtout sur l’alimentaire que j’ai dû mal à gérer mon budget, même si le Drive, quand même, ça aide : il y a moins de tentations ».

Assiya, participante à l’atelier de SOS Familles Emmaüs Nanterre

Deux éléments questionnent toutefois Lekbira : ne pas avoir les compétences numériques suffisantes pour comprendre l’application, et ne pas avoir les bases nécessaires de la langue française pour s’en servir. C’est en apprenant que Pilote Dépenses était disponible en arabe qu’elle a d’ailleurs décidé de la télécharger.

L’amie de Lekbira, qui a souhaité rester anonyme, estime quant à elle qu’il « faudrait d’abord avoir de l’argent avant de parler de gestion de budget ». Un enjeu d’urgence auquel se heurte régulièrement l‘accompagnement vers le numérique des publics primo-arrivants, comme Lekbira et son amie.

Selon le secrétaire de SOS Familles Emmaüs Nanterre, Guy Simonin, Pilote Budget et Pilote Dépenses ont été respectivement téléchargées plus de 80 000 fois et par près de 20 000 personnes, « la moitié environ » étant des travailleurs sociaux.


Les applications, développées par l’ANSA, sont disponibles sur :

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