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« Les jeunes changent d’attitude à vue d’oeil » – Raphaelle Hutin, Directrice adjointe de RézoSocial

Le secteur du numérique recrute de plus en plus : près de 200 000 postes vont être ouverts d’ici 2022 selon la direction des statistiques de Pôle emploi. L’entreprise d’insertion Rézosocial s’est spécialisée sur l’insertion par l’informatique depuis plusieurs années, et permet à de nombreux jeunes décrocheurs de retrouver un emploi.

Retrouvez ci-dessous leur témoignage et réussite, avec la participation de Raphaelle Hutin, Directrice adjointe chez RézoSocial.

Jeunes et numérique : l'entreprise d'insertion RézoSocial permet à des jeunes décrocheurs de trouver un emploi dans le secteur informatique
©RézoSocial

Les Bons Clics : Rézosocial est une entreprise d’insertion sur l’informatique. Pouvez-vous nous expliquer cette mission d’insertion ?

Raphaelle Hutin : Le secteur de l’insertion par l’activité économique (IAE) est peu connu alors qu’il joue un rôle social essentiel : il permet l’intégration dans le tissu économique des personnes très éloignées de l’emploi. 

Être une entreprise d’insertion, comme RézoSocial, cela signifie que nous salarions ces personnes très éloignées de l’emploi. Nous leur apprenons un métier et en parallèle nous les accompagnons aussi à se reconstruire socialement.

Toute l’entreprise est construite autour de cette mission sociale : l’équipe bien sur, pour intégrer, accompagner et former les salariés en insertion, mais aussi les services que nous vendons pour que les salariés en insertion puissent apprendre le métier en situation de travail. Ceci mobilise aussi, de fait, nos clients, qui sont heureux de participer à notre mission sociale.

C’est un challenge permanent, ponctué par les sorties positives régulières des personnes que nous accompagnons. Chez RézoSocial, les deux tiers trouvent un CDI à la fin de leur parcours.

Les Bons Clics : Dans l’insertion, on voit souvent des activités liées aux espaces verts, au recyclage, au BTP… C’est très innovant d’aller sur du secteur tertiaire : pourquoi ce choix, et pourquoi l’informatique ?

Raphaelle Hutin : L’IAE s’adresse à des personnes qui sont très éloignées de l’emploi, et souvent depuis très longtemps : il leur faut ré-apprendre un métier. Mais ces personnes sont souvent dans des contextes sociaux fragiles et une formation théorique n’est pas envisageable : la formation sur le terrain est souvent la seule formation possible. Voilà pourquoi la quasi-totalité des acteurs de l’insertion sont sur des métiers manuels.

Le fondateur de RézoSocial vient de l’informatique : il sait que dans ce secteur, les diplômes comptent encore assez peu, que l’essentiel est la motivation et la souplesse d’esprit pour trouver des solutions. Or, les personnes qui connaissent la galère ont appris à être très débrouillardes et ont souvent une grande capacité à apaiser les conflits, ce qui est une qualité essentielle dans un centre d’appels par exemple. Étant localisés sur Paris où les besoins informatiques sont importants, le modèle de RézoSocial a rapidement trouvé sa légitimité et pu être développé.

Les Bons Clics : Comment déployez-vous vos actions ? Quels sont les retours de vos clients ?

Raphaelle Hutin : Nous déployons nos actions d’insertion notamment par un programme dédié aux jeunes décrocheurs : Génération Rézo, qui cible les jeunes de 16 à 25 ans, sans diplôme. 

Ces jeunes sont cassés par un système qui les a exclus : notre premier enjeu est de leur montrer qu’ils ont de la valeur et qu’ils savent faire des choses, même s’ils n’ont pas de diplôme. Nous les formons sur notre plateau (pas en salle de classe !) à l’audit informatique : à l’aide d’un programme que nous avons conçu, ils deviennent capables d’auditer des ordinateurs et du matériel informatique. 

Nous les envoyons alors en mission dans des structures, accompagnés par un expert qui audite de son côté les éléments plus sensibles que sont le réseau, les serveurs et la sécurité du système. Ces jeunes décrocheurs rédigent le compte-rendu global, avec l’appui d’un expert, et répondent aux questions des clients : ils ont réussi cette mission et regagnent progressivement confiance en eux.

Au final, nos clients reçoivent un état des lieux complet de leur parc informatique, avec analyses et recommandations. Cet état des lieux leur permet d’appuyer des demandes de financement ou d’améliorer directement leurs outils informatiques, pour renforcer l’efficacité de leurs équipes, leur motivation, et leur attractivité pour recruter. 

L’informatique est heureusement considérée aujourd’hui comme un élément incontournable de l’efficacité d’une organisation, et cet audit répond au besoin de professionnalisation de nombreuses associations et acteurs de l’ESS (ndlr : économie sociale et solidaire). Notre positionnement en tant qu’entreprise d’insertion nous rend de plus parfaitement cohérents pour réaliser cet audit chez eux.

Nos clients apprécient la qualité et l’exhaustivité de notre audit, et ils sont heureux de participer à l’insertion de jeunes décrocheurs. 

Pour déployer notre action avec force, nous avons décidé d’offrir la réalisation de cet audit à tous les acteurs associatifs ou de l’ESS (jusqu’à 30 ordinateurs), pour les remercier de participer à la formation de jeunes avec nous. Nous serions ravis que cet article dans le média Les Bons Clics suscite de nouvelles demandes pour eux .

Les Bons Clics : Quels sont vos résultats, les retours de vos salariés ? 

Raphaelle Hutin : En 2021, nous avons audité 480 ordinateurs pour 19 acteurs de l’ESS, et surtout : nous avons intégré 6 jeunes décrocheurs !

Nos salariés sont heureux de participer à ce programme pour des jeunes. Les jeunes changent d’attitude à vue d’oeil : de timide, ils deviennent blagueurs, ils grandissent même en s’ouvrant au monde, ils cherchent le regard des autres au lieu de le fuir… Ce sont des transformations de vie auxquelles nous sommes tous très heureux de contribuer.


La formation au numérique peut être un véritable levier d’insertion professionnelle pour les publics éloignés de l’emploi. Découvrez en images un autre exemple d’insertion par le numérique, via les salariés en insertion investis dans le projet Défi Insertion. Formés pour devenir animateurs numériques en utilisant la plateforme Les Bons Clics auprès de leurs pairs, ils témoignent :

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