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« L’inclusion numérique est indispensable » – Marie Lafon, Emmaüs Connect Créteil

Le témoignage de Marie Lafon a été recueilli dans le cadre d’un partenariat avec la Région Île-De-France, afin d’accélérer l’inclusion numérique sur le territoire francilien.

D’autres témoignages ont déjà été publiés, comme celui du CCAS de Marly-le-Roi ou celui de l’association Tous Au Web, à Bagneux.

Depuis sa création en 2013, Emmaüs Connect a accompagné vers le numérique plus de 90 000 personnes en situation de précarité. Présente dans onze villes françaises, l’association dispose depuis un an d’une antenne à Créteil, où elle déploie ses activités de formation et propose des recharges téléphoniques à prix solidaires – sous réserve d’un bon d’orientation délivré par un acteur social.

Marie Lafon est devenue responsable des opérations d’Emmaüs Connect à Créteil en août, et gère également le développement des partenariats dans le Val-de-Marne (94). En plus de Marie, l’équipe du point d’accueil est désormais composée d’un conseiller numérique, Christian Réocreux, arrivé au début du mois, de deux services civiques, d’une stagiaire, et d’une soixantaine de bénévoles.

Comment sont structurés les parcours de formation d’Emmaüs Connect à Créteil ? Comment articuler cette offre d’accompagnement avec celle des structures déjà implantées ? 

C’est avec ces questions en tête que Les Bons Clics s’est entretenue avec Marie Lafon, ce 19 octobre, à Créteil.

Inclusion numérique : Marie Lafon et Christian Réocreux au point d'accueil Emmaüs Connect à Créteil.
Marie Lafon, responsable d’antenne, et Christian Réocreux, conseiller numérique, au point d’accueil Emmaüs Connect à Créteil.

Les Bons Clics : Comment se déploient les activités d’inclusion numérique d’Emmaüs Connect à Créteil ?

Marie Lafon : Nous organisons d’abord des permanences connectées, les mercredis, jeudis et vendredis dans la matinée, ainsi que le vendredi après-midi. Le concept remonte à 2014 : il s’agit de créneaux d’accompagnement individuel, pendant lesquels toute personne peut venir avec ses questions sur le numérique afin de bénéficier de l’aide d’un ou une bénévole. La personne formée devient à son tour formateur ou formatrice afin de favoriser l’autonomie de tous et toutes.

Nous mettons également en place différents parcours de formation. Nous avions un parcours de 32 heures en deux semaines, avec deux groupes par jour, qui était notre principal parcours jusqu’alors.

Nous développons donc en ce moment un parcours d’initiation au numérique en 12 heures, pour les grands débutants, ainsi qu’un parcours d’e-parentalité : il reprend le parcours d’initiation, avec un dernier module focalisé sur l’utilisation de Pronote et d’autres ENT (ndlr : espace numérique de travail), puis sur la gestion du numérique dans la famille. Ce parcours-ci débutera après les vacances scolaires, début novembre, et aura lieu au point d’accueil ainsi qu’au lycée Robert Schuman, à Charenton.

Nous construisons également un parcours sur-mesure avec certains partenaires, comme le réseau IAE (insertion par l’activité économique) du Val-de-Marne. Avec ces derniers, nous développons des parcours en fonction des besoins des apprenants, sur quatre semaines avec trois heures par semaine. Les groupes sont en train d’être construits, et ces parcours débuteront en novembre.

Les Bons Clics : Comment faire pour articuler l’offre d’Emmaüs Connect Créteil avec celle des structures implantées et celle des partenaires ?

Marie Lafon : Il y a plusieurs façons de faire. Les partenaires peuvent déjà se tourner vers nous. Si ce sont des petites structures, on les oriente vers des réunions d’action sociale qu’on organise un jeudi matin sur deux, en visio. Ce sont en général entre deux et quatre structures qui participent à ces réunions, car ils sont intéressés par notre offre d’accompagnement vers le numérique.

Pour identifier les potentiels partenaires, on travaille le plus souvent par ville, par territoire ou par département. Nous faisons souvent des réunions sur des thèmes particuliers ou des actualités. C’est le moment où on peut identifer des structures, organiser des rendez-vous par la suite. Par exemple, ce  matin, nous étions à la marie de Créteil avec la majorité des acteurs de l’inclusion numérique.

Certains font aussi de la prospection de nouveaux partenaires. Ils et elles identifient les partenaires, et nous organisons les réunions avec les structures ensuite. C’est par exemple grâce à une personne en mécénat de compétences que j’ai obtenu un rendez-vous avec le Mouvement de Réinsertion Sociale du Val-de-Marne – MRS94.

Pour les parcours sur la parentalité, je suis rentré directement en contact avec les collèges, pour aller vers les publics.

Les Bons Clics : Qui sont les publics que vous accompagnez le plus souvent ?

Marie Lafon : Cela dépend beaucoup de nos partenariats. Par exemple, dans le cadre d’un partenariat avec Malakoff Humanis, on accompagne beaucoup de seniors en ce moment. D’autres bénéficiaires ont entre 40 et 50 ans, et sont en situation de précarité.

Nous accompagnons aussi beaucoup de personnes arrivées en France il y a moins de cinq ans, car France Terre d’Asile est un de nos principaux prescripteurs. Nous ne les formons pas toujours au numérique, notamment les plus jeunes, mais ils ont besoin d’équipement, de recharges téléphoniques à tarifs abordables.

Les Bons Clics : Que penses-tu de l’inclusion numérique après ces premiers mois en tant que responsable des opérations du point d’accueil ?

Marie Lafon : L’inclusion numérique est indispensable. Les acteurs que je rencontre, que ce soient des acteurs sociaux ou des opérateurs de services essentiels, ont beaucoup de difficultés. Ils sont en face de personnes qui ne maîtrisent absolument pas le numérique et qui se retrouvent dans des gouffres administratifs très complexes. La dématérialisation donne finalement beaucoup plus de travail à ces acteurs, et je suis ravie qu’on puisse les aider.


Vous souhaitez témoigner ? Contactez-nous à redac@lesbonsclics.fr !

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