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[Article participatif] Ateliers numériques collectifs

Cet article traite des ateliers numériques collectifs. Pour en savoir sur l’accompagnement numérique en individuel, inscrivez-vous aux classes virtuelles des Bons Clics !

Le média Les Bons Clics s’intéresse aujourd’hui à un thème central de la médiation numérique, les ateliers collectifs : comment les préparer et les animer ? Comment garder l’attention des personnes qui y participent ? Comment y traiter les demandes individuelles ?

Pour répondre à ces questions, quatre médiateurs et médiatrices de la communauté Les Bons Clics ont accepté de témoigner :

Retrouvez leurs témoignages sur les ateliers numériques en collectif ci-dessous ! L’article étant relativement long, vous pouvez vous aider de la table des matières pour y circuler plus facilement.


Préparer un atelier collectif

Comment bien préparer un atelier collectif ?

Fabien Devilliers : il faut d’abord définir le cadre de l’atelier.

  • Le thème : de quoi vais-je parler ? Pourquoi ?
  • L’objectif : avec quels nouveaux savoirs les apprenant·es vont sortir de l’atelier ? Quelles sont les notions clés et compétences qu’ils devront avoir assimilées ?
  • Le format : est-ce qu’il s’agit d’un atelier ponctuel sur une thématique précise ou d’un cycle d’atelier ? Est-ce que ce sera plutôt vertical ou horizontal ? Est-ce que toutes les activités seront sur des équipements numériques ? Quel sera le déroulé/timing ?
  • La durée : De combien de temps je dispose ? De combien de temps j’ai besoin ?
  • Le niveau : des personnes qui n’ont jamais utilisées ou très rarement un équipement numérique ? Qui en utilisent de temps en temps mais ont un manque de confiance et/ou de connaissances ? Qui en utilisent régulièrement mais veulent se tenir informées et apprendre davantage ?
  • Le nombre de participant·es : Combien sont-ils ? Est-ce que j’ai assez de matériel ou doivent-ils amener leurs équipements numériques ?
  • Le matériel : la salle est-elle équipée (ordinateurs, tablettes, écran, tableau, vidéoprojecteur, tables, chaises, machine à café…) ? Est-ce que je vais avoir besoin de projeter un support, d’utiliser un tableau ? Comment vais-je installer la salle ?

Il faut aussi que l’animateur travaille son sujet ou se mette à jour jusqu’à le comprendre le mieux possible : car « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Et les mots pour le dire nous viennent aisément » (ndlr : citation de l’écrivain Nicolas Boileau).

Esther Lattuga : Je fais toujours une relecture rapide de la formation interactive Les Bons Clics que je vais utiliser, histoire de me remettre en mémoire son contenu et ses étapes. Idem si j’ai aussi un autre support de formation. J’imprime aussi les fiches résumés et les documents à remettre.

Jacob Sheen : Il faut :

  • Bien connaître le thème/le sujet qui sera abordé. Ça veut dire qu’il faut un temps pour découvrir le contenu, tester les outils et identifier les éléments qui peuvent être le plus intéressants pour le public. Il faut qu’on se souvienne qu’on ne peut pas tout expliquer dans un atelier.
  • S’assurer que l’équipement fonctionne et qu’il y aura suffisamment d’appareils numériques pour que tout le monde puisse participer.
  • Préparer des exercices pour tous les niveaux afin que tous les participant·es puissent participer et soient engagé·es.
  • Construire un déroulé pour la séance en attribuant les temps ciblés pour chaque partie.    

Ahmed Bardeau : Le premier élément d’importance concerne le public auquel l’on va s’adresser. Je recueille des éléments via des évaluations de positionnement, ce qui me donne un avant-goût et peut éventuellement m’aider. 

Je prépare ensuite mes ressources : tableau destiné à recueillir le parcours des apprenant·es, leurs rapports au numérique et le matériel dont ils ou elles disposent, des exercices d’évaluation, etc. Je prépare mon plan de séance à chaque fois.

Mickaël : Je présente deux familles d’ateliers : les ateliers thématiques et les ateliers récurrents (initiation, perfectionnement et jeunesse).

  • Les ateliers thématiques

Les ateliers thématiques concernent aussi bien les usagers traditionnels que les agents de la Communauté de Commune (mes collègues) ou les professionnels (artisans, commerçants).

Il est déjà important de comprendre un minimum le thème abordé… puis de se documenter et de rassembler des ressources. L’approche dépendra également du public attendu.

Ensuite se décide la communication à mettre en place, bien que cela soit un de mes points faibles !

  • Les ateliers récurrents

Pour mes ateliers récurrents, je questionne les usagers lors du précédent atelier et/ou lors de leur arrivée pour l’atelier du jour afin de savoir s’ils souhaitent aborder un thème en particulier. Le cas échéant, je propose un thème dans la continuité du précédent. Ces ateliers sont davantage spontanés.

Cependant, concernant les ateliers débutants, je me repose énormément sur le site Les Bons Clics. L’approche et les exercices proposés permettent également de me cadrer afin de ne pas submerger les apprenants d’informations qui risqueraient de les déstabiliser.

Espace Public Numérique de la Communauté de communes de Mortagne-au-Perche, où Mickaël, conseiller numérique, réalise ses ateliers.
L’EPN de la Communauté de communes de Mortagne-au-Perche –©Normandie Connectée

Quels outils et quel matériel mobilisez-vous ?

Jacob Sheen : Concernant le matériel, on utilise les ordinateurs de bureau ainsi que les ordinateurs portables. Pour les séances dédiées à l’apprentissage du smartphone, on utilise les smartphones et un Chromecast qui nous permet de projeter depuis un téléphone.

Pour toutes les séances, quels que soient les objectifs, on s’appuie sur un vidéoprojecteur, une connexion internet et une imprimante. Des supports et des exercices imprimés sur papier sont distribués aux apprenants pour qu’ils se rappellent du contenu de la séance et pour qu’ils puissent s’entraîner

Côté outils, nous utilisons une des logiciels comme LibreOffice, GSuite, des applications (WhatsApp, Doctolib, Caf), et des sites de ressources (Les Bons Clics, Voyageurs du numérique, Granny Geek)

Fabien Devilliers : En ce qui concerne les outils, j’utilise un diaporama qui me sert de « panier à idées » et de trame d’animation. Il me permet de ne rien oublier et d’illustrer certaines notions. Mais l’essentiel de mon atelier se passe entre le participant et son équipement.

Si la salle est équipée d’un tableau, j’en profite pour noter des mots importants ou faire des dessins explicatifs. En fonction du niveau des participant·es et du thème de l’atelier, j’utilise certaines activités des Bons Clics, la plateforme Pix et des jeux de dextérité. Afin de faciliter l’utilisation de ces outils, j’ai créé des raccourcis sur les équipements que je mets à disposition des participant·es .

Là encore, j’utilise ces outils de manière ponctuelle, car je préfère que les participant·es soient dans le « vrai » monde numérique. Enfin, je distribue à chaque participant·es un petit guide intergalactique du numérique.

Côté matériel, je prête soit 6 ordinateurs portables, soit 6 tablettes et j’utilise un vidéoprojecteur, une télécommande pour diaporama, un routeur 4G, une multiprise et une rallonge.

Ahmed Bardeau : Au niveau du matériel, j’ai besoin d’ordinateurs, d’un vidéoprojecteur, d’internet, de supports papier (exercices, trames, fiches résumés Les Bons Clics entre autres), d’un tableau blanc et de vidéos.

Mickaël : Pour la présentation des ateliers, j’utilise principalement mon ordinateur, un vidéoprojecteur et un tableau blanc. Comme mentionné précédemment, je m’appuie également sur les ressources du site Les Bons Clics, principalement lors des ateliers destinés à des personnes débutantes.

Esther Lattuga : J’utilise mon visuel Powerpoint, les formations interactives et les fiches résumés des Bons Clics ou les miennes, les sites internet des sujets abordés pour faire en direct avec les participant·es.

De quelles informations avez-vous besoin ?

Mickaël : Les informations nécessaires avant un atelier sont :

  • Le thème (si atelier thématique) ;
  • Les attentes du public ;
  • Le public attendu (aisance (somme toute relative) avec les outils numériques, catégorie socio-professionnelle) ;
  • La durée disponible de l’atelier (bien que je limite souvent à des sessions de 90 minutes pour ne pas surcharger d’informations).

Esther Lattuga : J’essaie de savoir le nombre de participant·es , s’ils amènent leur support informatique, si c’est du Apple ou pas, et leur niveau.

Fabien Devilliers : L’idéal est de connaitre la salle pour savoir comment on peut la disposer. Ensuite, d’avoir le nombre de participant·es, leur niveau ainsi que leurs attentes : quels équipements ils veulent utiliser, quels sujets ils veulent aborder en priorité… Malheureusement, ce n’est pas toujours possible. Les communes n’ont pas toujours le temps de recueillir ces informations et les participant·es ne savent pas non plus toujours exprimer leurs besoins.

Jacob Sheen : Quel thème ? Combien de participants et de quel niveau sont-ils ? Quel est leur niveau de compréhension en français (oral et écrit) ? Quelles sont leurs attentes ?

Fabien Devilliers, alias Capitaine Fibre, lors d’un atelier collectif.
Fabien Devilliers, alias Capitaine Fibre, lors d’un atelier collectif.

Animer un atelier

Comment introduire l’atelier ? 

Ahmed Bardeau : Je commence toujours l’atelier en présentant le contenu de la séance, puis je demande s’il y a des questions, des éclaircissements à apporter, ou autres.

Jacob Sheen : Après avoir présenté l’EPN et l’association, on présente le sujet de la séance. On tente de poser la question : « Qu’est ce que c’est…? » (par exemple, « Qu’est ce que c’est un smartphone ? Qu’est ce que c’est un ordinateur ? ») afin de ne pas supposer un niveau de connaissance et de mettre tout le monde à l’aise.

Esther Lattuga : Je fais un brainstorming pour connaître les attentes des participant·es .

Mickaël : Afin d’introduire le thème d’un atelier, j’explique pourquoi il peut être nécessaire d’aborder cette thématique, voire ce point précis. Les usagers comprennent souvent mieux en faisant des analogies avec le monde réel. Cette approche rassure dès l’introduction de l’atelier.

Fabien Devilliers : Avec le sourire. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est la meilleure façon de commencer un atelier. Ensuite, ce qui est important, c’est de se présenter, de dire un peu qui on est, de se livrer un minimum. Concrètement, j’explique pour qui je travaille, pourquoi les ateliers sont gratuits et pourquoi je fais ce métier et en l’occurrence, parce que j’aime les gens et j’aime le numérique. Je précise également que je ne suis pas là pour faire l’apologie de ce dernier – loin de là. Enfin, je présente le contenu et le cadre des ateliers.

Comment garder l’attention des participant·es ?

Mickaël : L’attention des participant·es est différente suivant leur profil.

Pour ma part, je constate que les collégiens « partent facilement dans tous les sens ». La liberté lors des ateliers, contrairement à une salle de classe, permettent des interactions vives et spontanées. C’est pourquoi il est souvent nécessaire de rappeler le thème que nous avons choisi de suivre le jour présent.

Cependant si les participant·es ressentent le besoin de parler un peu d’un autre sujet, je me tais quelques instants et généralement l’attention revient naturellement.

Ahmed Bardeau : Afin de maintenir l’attention, j’utilise la variété des ressources. J’évite le magistral. Je varie les supports de présentation. Mes séances sont ainsi construites. Et je rappelle assez régulièrement que nous ne sommes pas en classe, que je ne suis pas prof, que nous sommes entre adultes et que chacun·e peut apporter à l’autre.

J’aime l’humour. Je l’utilise souvent afin de dédramatiser certaines situations, afin de mettre en place une ambiance décontractée mais studieuse. Un équilibre pour moi nécessaire. Il faut que le public se sente bien. 

Fabien Devilliers : Les ateliers sont désormais de 2h30. J’avais commencé par proposer des ateliers de 3 heures, mais c’était trop long pour les participant·es et pour moi. Pour autant, 2h30, quel que soit l’âge des participant·es, c’est toujours long. La première chose que je fais pour garder leur attention, c’est une pause de 10 à 15 minutes à la moitié de l’atelier.

Ensuite, je séquence mon atelier, je lui donne du rythme : j’explique, ils pratiquent, on débriefe et on recommence. Enfin, je veille à les interpeler le plus souvent possible pour m’assurer qu’ils ont bien compris. Mon indice c’est leur regard, si je vois qu’il part dans le vide, c’est que je dois reformuler et/ou ralentir.

Esther Lattuga : J’alterne toujours l’apport théorique et l’exercice pratique ou, s’il n’est pas possible de faire des exercices, je questionne pour faire parler et participer.

Jacob Sheen : Pour garder l’attention des participant·es :

  • On pose des questions ouvertes aux apprenants et, des fois, on cible une personne pour l’impliquer dans la séance. Par contre, c’est important qu’on fasse attention afin de ne pas la mettre dans une situation inconfortable.
  • Il faut trouver un bon équilibre entre le temps d’explication et le temps de pratique.
  • Souvent, quand on parle du numérique, on utilise un vocabulaire qui semble incompréhensible pour les gens qui ne le connaissent pas. Du coup, si possible, c’est une bonne idée de faire le lien avec les expériences qu’ils ont eu eux-mêmes. Par exemple, pour expliquer un cookie, on peut penser aux empreintes qu’on laisse quand on marche sur la plage. Ce qui leur permet de visualiser plus facilement le sujet dont on parle.
L’espace France Services de Saint-Martin-de-Londres – ©CCGPSL
L’espace France Services de Saint-Martin-de-Londres – ©CCGPSL

Quelle posture adopter ?

Esther Lattuga : Bienveillance et non jugement et encore bienveillance et non jugement !

Mickaël : Une fois de plus, la posture dépend du public présent. Je ne suis pas un enseignant, juste quelqu’un qui a compris comment faire ou comment fonctionne telle ou telle chose : je présente comment je fais ou comment j’ai réussi à comprendre. L’approche se résume donc à : « On va comprendre ensemble comment ça marche ».

Ahmed Bardeau : Ma posture coule de source : attentif, vigilant, bienveillant, à l’écoute, fédérateur, etc.

Fabien Devilliers : J’essaye de trouver un équilibre entre la bienveillance, la convivialité et l’engagement. Les participant·es ont souvent des émotions très négatives à l’égard du numérique : peur, colère voire un sentiment d’humiliation.

Aussi, je leur donne l’occasion de s’exprimer et de débattre entre eux lors du premier atelier, sans juger. Pour autant, l’inscription aux ateliers étant libre et gratuite, je leur rappelle qu’ils se sont engagés à faire de leur mieux pour progresser. En ce sens, je suis là pour les aider le plus possible, répondre à leurs questions et leur faire passer un bon moment ; mais eux doivent en échange accepter de se tromper, participer et surtout travailler pendant et entre les ateliers.

Jacob Sheen : Patience, empathie, non-jugement et à l’écoute.

Comment traiter les demandes individuelles ? 

Ahmed Bardeau : Cela dépend de leur nature. Si la confidentialité est nécessaire, alors ce sera lors de la pause, ou juste après la séance. Ou bien la réponse à apporter peut être d’orienter vers une tierce personne. S’il s’agit d’une urgence (actualisation, la Caf, les impôts ou autres) j’aide la personne durant la séance, à effectuer sa démarche.

Esther Lattuga : Si la demande peut intéresser le groupe, je la traite en collectif, sinon je propose qu’on se revoit en rendez-vous individuel. Je prévois toujours un temps où je tourne auprès de chacun pour aider et vérifier que personne ne décroche ou ne soit pas bloqué sur une manipulation.

Jacob Sheen : Normalement, il y a un médiateur ou une médiatrice numérique et un·e bénévole pour animer un atelier. Dans le cas où il y a une demande individuelle, un des deux peut s’occuper de la requête.

Parfois la demande peut intéresser le groupe. Dans ce cas on la pose au groupe. Si la demande est loin du sujet de la séance, on explique qu’on peut en discuter à la fin ou pendant un rendez-vous individuel.

Fabien Devilliers : En atelier collectif les demandes individuelles peuvent être un frein à l’avancée du groupe. Dans ce cas, je note la demande de la personne pour y répondre ultérieurement, ou je lui demande de venir me voir à la fin de l’atelier.

Mais les demandes individuelles peuvent aussi servir à dynamiser les échanges. Aussi, si la demande est en lien avec le sujet du jour, je m’en sers pour interpeller les autres participant·es : « Est-ce que vous avez une idée de la réponse ? Comment feriez-vous ? ». Si je n’ai pas la réponse à la demande, je réponds que je vais me renseigner et revenir vers la personne. Il vaut mieux dire « je ne sais pas » que d’inventer une réponse ou de répondre vaguement.

Mickaël : Je propose de nombreux créneaux en accompagnement individuel (plus de 12 heures) répartis tout au long de la semaine. La demande est assez conséquente. Les personnes intéressées peuvent prendre rendez-vous :

Dans la mesure du possible, je demande aux intéressés de venir avec leur matériel. Le cas échéant, on s’adapte en faisant, par exemple, une simulation accompagnée de prise de note. Ensuite nous pouvons nous recontacter lorsque l’usager se retrouve face aux matériels faisant l’objet de la demande.

Formation à Leboncoin dans l'EPN de Bras-sur-Meuse
Loïc Patenere, animateur multimédia du Numéripôle, à Bras-sur-Meuse, lors d’un atelier de formation à Leboncoin.

Conclusion et suivi d’un atelier collectif 

Comment conclure un atelier ? 

Jacob Sheen : Trois éléments :

  • Garde un temps à la fin de la séance pour les questions.
  • Faire un récapitulatif du contenu. Cela peut-être sous forme de questions pour vérifier que les participant.es ont bien compris.
  • Parler des ateliers à venir et de quand les apprenants peuvent revenir la prochaine fois (horaires d’accueil)

Mickaël : Habituellement je conclus l’atelier en demandant aux participant·es si la session leur a plu et les points sur lesquels ils souhaiteraient revenir, ou qu’ils aimeraient approfondir. C’est également l’occasion de les questionner sur les prochaines notions qu’ils souhaiteraient aborder. Enfin, nous confirmons la date du prochain atelier voire les ressources à préparer si besoin (clés USB, smartphone, etc.).

Fabien Devilliers : D’abord, je demande s’il y a des questions et, le cas échéant, j’y réponds. Ensuite, je demande aux participant·es de récapituler la séance en s’aidant les uns les autres. Puis, je rappelle la date de la prochaine séance en donnant un « avant-goût » des sujets qui seront abordés.

Esther Lattuga : Je réalise un tour de table pour connaître les ressentis et savoir s’il reste des questions. Je donne aussi des informations sur les prochains ateliers et je demande si certaines personnes veulent des rendez-vous en individuel.

Ahmed Bardeau : La conclusion de l’atelier consiste toujours en un temps de synthèse. Y a-t-il des questions quant à la séance passée ? Y a-t-il des souhaits de revoir tel ou tel sujet ? Il s’agit de prendre le temps d’échanger et de ne pas conclure dans la précipitation.

Assurez-vous un suivi, et comment ?

Fabien Devilliers : Malheureusement, le fait d’être en itinérance sur l’ensemble d’un département ne nous permet pas de garder le contact avec les participant·es. Toutefois, depuis que nous sommes 3 CNFS à La Fibre64, nous pouvons désormais revenir plusieurs fois dans les communes et proposer aux participant·es des parcours de formation plus longs et donc plus efficaces.

La prise de poste des 40 CNFS sur le département permet aussi d’orienter plus facilement les participant·es vers des lieux de médiation. Sans assurer un suivi à proprement parler, cela permet aux personnes qui le souhaitent de poursuivre leur parcours d’apprentissage.

Mickaël : Le suivi se met en place naturellement. Les usagers revenant régulièrement, nous abordons les notions vues par le passé ou l’assistance apportée.

Cependant, les publics seniors ont plus de difficultés à transposer les différents concepts : la peur de bloquer l’ordinateur ! Par conséquent, les rappels doivent-être récurrents et les approches différentes.

Les publics plus jeunes font facilement l’extrapolation des sujets vus ensemble. Le fameux « Ah oui c’est comme le truc que tu nous as expliqué la dernière fois » témoigne de notions acquises.

Jacob Sheen : Toutes les personnes qui participent à nos activités sont inscrites sur un fichier d’inscription. Pendant l’inscription on leur explique les cours habituels qu’on propose ainsi que les ateliers thématiques et l’accès usagers (temps d’entraînement). Dès que la personne montre un intérêt pour un de nos stages ou une de nos activités, on la note sur notre liste d’attente. Sinon, ils ont la possibilité de revenir pour le temps d’accès usagers.   

Vous souvenez-vous du premier atelier que vous avez organisé ? Comment vous sentiez-vous, comment s’est-il passé ?

Esther Lattuga : J’avais l’habitude d’animer des ateliers avec des jeunes en difficultés sur un autre poste. Mon premier atelier en France Services était avec des seniors, super sympas et enthousiastes. Ils ont été tout de suite à l’aise avec le visuel et le vocabulaire des Bons Clics. Que du bonheur !

Mickaël : Bien que ça ne fasse que quelques mois, je n’ai pas de souvenir particulier quant au premier atelier organisé.

Je devais me sentir suffisamment en confiance pour ne pas en garder de souvenir particulièrement mémorable. Dans l’ensemble, les participant·es sont bienveillant·es à mon égard, tout simplement adorables !

Jacob Sheen : La première séance que j’ai organisée était à distance, pendant le confinement en mars 2020 ! J’étais un peu nerveux car c’était la première fois que je menais un atelier à distance et en plus en français ! Malgré les difficultés de la connexion internet, cela s’était bien passé avec trois personnes sur l’apprentissage des bases sur Excel.

Fabien Devilliers : Je m’en souviens encore très bien. C’était à l’espace de vie sociale de Nay, une commune à 30 minutes au Sud-Est de Pau. J’étais stressé, j’avais le sentiment de ne pas avoir suffisamment préparé mon atelier. Une fois sur place, je décharge le matériel, je me présente et je découvre la salle.

Il a fallu improviser un peu pour pouvoir installer le vidéoprojecteur et faire rentrer tout le monde autour de la table. Les gens sont arrivés rapidement – avec 10 minutes d’avance. Une fois tout le monde en place, j’ai commencé l’atelier. Je n’ai pas vu l’heure tourner. A la fin de la journée, après 2 ateliers de 3 heures avec 2 groupes de 6 personnes, en majorité des retraités, j’étais rincé mais soulagé.

J’ai très vite pris mes marques et cherché à adapter le contenu de mon animation qui était bien trop théorique. A trop vouloir donner des explications et des informations précises, j’ai négligé la partie pratique de mes ateliers. Finalement, ce n’était pas trop tôt pour organiser ce premier atelier. Au contraire, il fallait que je me jette à l’eau, même si je n’étais pas totalement confiant, car c’est la meilleure façon de progresser. 


Pour aller plus loin sur l’organisation d’ateliers collectifs, vous pouvez explorer le guide réalisé par Les Bons Clics ! Vous souhaitez former des personnes en individuel ? Inscrivez-vous aux classes virtuelles des Bons Clics !

Cet article sur les ateliers numériques collectifs a été financé dans le cadre du plan France Relance.
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